Dès le 8 août 2022, le Rassemblement National de la Vienne alertait sur les conséquences de la sécheresse et sur la nécessité d’anticiper le manque d’eau. Plusieurs mois plus tard, le constat demeure : les réunions se succèdent, les inquiétudes grandissent, mais les réponses concrètes tardent toujours à venir.
Le lundi 6 mars, une nouvelle réunion consacrée à la gestion de l’eau dans le département s’est tenue en présence de nombreux élus et des députés de la Vienne. Le temps n’est pourtant plus aux constats et aux déclarations d’intention. Il faut désormais agir, et agir vite.
Il faut d’abord sortir de cette guerre de l’eau qui oppose artificiellement les usages et transforme chaque projet de réserve en affrontement idéologique. Nos agriculteurs ont besoin d’eau pour leurs cultures et leurs animaux. Ils travaillent pour nourrir les Français et garantir notre souveraineté alimentaire. Ils ne peuvent pas être les victimes d’une écologie punitive qui préfère multiplier les interdictions plutôt que rechercher des solutions.
Chaque hiver, des quantités considérables d’eau tombent sur notre territoire avant de rejoindre les cours d’eau puis la mer, alors que nous savons que les périodes de sécheresse risquent de se répéter. Dans le même temps, les pertes liées aux fuites des réseaux demeurent importantes et certains usages industriels peuvent mobiliser des volumes considérables d’eau. Comment accepter, dans ces conditions, que l’agriculture soit systématiquement montrée du doigt ?
La situation impose une véritable politique de gestion et de stockage de l’eau. Nous devons cesser d’opposer agriculture, besoins de la population et préservation de l’environnement : la priorité doit être de mieux gérer la ressource disponible.
Plusieurs leviers peuvent être actionnés rapidement : accompagner les agriculteurs qui souhaitent développer des cultures moins consommatrices d’eau sans leur imposer une nouvelle avalanche de normes ; favoriser la plantation et l’entretien des haies ; accélérer la rénovation des réseaux afin de réduire les fuites ; encourager les particuliers, les entreprises et les industriels à investir dans des équipements économes et dans la récupération des eaux pluviales ; enfin, développer des capacités de stockage adaptées aux territoires, des réserves d’eau et, lorsque cela est pertinent, de nouveaux ouvrages hydrauliques.
Il faut également préparer l’avenir. La politique de l’eau ne peut plus être conduite au gré des sécheresses et des arrêtés de restriction. La France doit retrouver une véritable stratégie de maîtrise de sa ressource en eau, au service de son agriculture, de ses habitants, de son économie et de ses milieux naturels.
Face à l’urgence, l’État doit sortir de l’inaction et apporter rapidement des réponses concrètes aux collectivités, aux agriculteurs et à nos concitoyens.
Plutôt que d’organiser la pénurie et d’opposer les Français entre eux, donnons-nous enfin les moyens de préserver, stocker et mieux utiliser notre eau. Sauvons notre agriculture et mettons fin à l’écologie punitive !
CP_eric_soulat_10_aout_2026
